Un marché iranien plus ouvert, mais très difficile

Les entreprises du monde entier viennent explorer son potentiel.

Mardi, à Téhéran, s’ouvre Iran Connect 2016, le premier Salon télécoms ouvert aux groupes internationaux, dont Orange est l’un des sponsors. Un nouveau signe d’ouverture vis à vis des investisseurs depuis la levée de l’embargo, qui marque aussi une forte envie de rattrapage technologique.

La semaine dernière, le ministre de la Communication, Mahmoud Vaezi. a ainsi inauguré le National Information Network, une sorte d’intranet géant pour le pays dont le lancement va se faire en trois phases. Soi-disant conçu pour mieux défendre l’Iran contre les cyberattaques, c’est avant tout un réseau à haut débit ouvert aux citoyens qui sera parfaitement contrôlé.

« Ce n’est pas un marché simple commercialement. explique Richard Marry, PDG de l’opérateur français B to B Vivaction. Il faut trouver un partenaire local pour s’implanter.» Encore sous le coup de sanctions liées au terrorisme, les échanges en dollars restent interdits en Iran. Il faut donc trouver des intermédiaires (à Dubai, en Turquie…) ou de toutes petites banques européennes non liées aux Etats-Unis pour arriver à effectuer des transactions. Le financement de projets est, lui, quasi impossible. Une situation qui a été critiquée par la ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal, dimanche à Téhéran. « Les banques françaises qui sont liées aux banques américaines n’osent pas intervenir en Iran. C’est tout à fait inadmissible », a-t-elle affirmé.

Bientôt un Centre français des affaires

Matthieu Etourneau, chargé de mission au Medef pour le Proche et le Moyen-Orient, note aussi le manque « de visibilité politique » pour les entreprises qui souhaitent s’implanter, entre les élections américaines en novembre prochain et l’élection présidentielle iranienne en mai 2017. Si le marché est plus ouvert pour les grands groupes, comme Peugeot, qui fait son grand retour, les grands contrats se négocient très difficilement. L’Iran a commandé 118 avions à Airbus, pour 27 milliards de dollars, en janvier dernier, mais il faut encore signer. Boeing négocie de son côté depuis juin un marché de 80 avions (plus 29 en leasing) pour 25 milliards de dollars. Les difficultés sont encore plus grandes pour les PME et ETI qui cherchent à pénétrer ce marché. Fin septembre, le Medef ouvrira un Centre français des affaires de Téhéran pour les aider.

Virginie Robert, Les Echos

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